Vingt et un grammes
À quoi bon écrire sans l'autre ? Jeter l'encre sur le papier pour qu'elle sèche dans l'ombre.
Coucher tous ces maux qui seront ignorés de tous.
Se dépouiller. S'offrir, sans défense. Faire l'inventaire des remords, de la peur, des éclats de bonheur.
Au bout du compte, se retrouver dans le néant ou devant le Créateur.
Quand le décompte des jours arrive à son terme, devenir une dépouille, un corps inanimé, un amas de molécules dans lesquelles commencent à grouiller les vers, entamant la digestion, la dispersion, la désintégration.
Ne devenir plus qu'un souvenir. Ou l’oubli, comme une nappe de brouillard.
Les quelques grammes censés contenir le tout, aussi légers qu'une plume dans le vent, sont ballottés dans l'air et ses courants mystérieux.
Être, avoir été, disparaître de la surface et s'élever vers la transcendance, vers ce qu'il y a de plus haut, de plus grand, d'immatériel, vers la pureté.
Est-ce que c'était cela, ce voyage ? Cette longue friction contre la douleur et la fatigue ? La souffrance physique et morale pour seulement quelques atomes de joie ?
Et l'amour dans tout cela ? Le plus pur, le plus beau, le plus désintéressé...
Il y a un début et il y a une fin.
« Mieux vaut aller dans une maison de deuil que d'aller dans une maison de festin ; car c'est là la fin de tout homme, et celui qui vit prend la chose à cœur. » Ecclésiaste 7:2
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Crédit photo Julieta Camila Tosto ( redimensionnée et adaptée en nuances de gris )

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